Aujourd'hui, le respect et l'autorité sont toujours bien présents, mais le sens qu'on leur attribue est bien différent. Le respect se comprend comme une attitude réciproque de l'enseignant et de l'élève qui consiste à ne pas porter atteinte à autrui et à tenir compte de la liberté individuelle de chacun. L'autorité a repris son sens premier, puisque le mot latin "auctor" signifie celui qui augmente la confiance, fait avancer, conseille, aide à grandir, à se développer.
Les principes moraux qui régissaient l'organisation de la cellule familiale des années soixante imposaient à l'épouse de s'occuper du ménage. Les jeunes filles devaient donc être formées à cette tâche. L'école y pourvoyait en dispensant des cours d'économie familiale qui leur était exclusivement réservés, les jeunes garçons suivant dans le même temps les cours de sciences. Parmi les raisons invoquées justifiant une telle discrimination, on lit dans un "Manuel de l'éducation domestique et d'instruction ménagère" je cite :"l'une des plus sérieuses raisons, c'est que l'économie domestique devient facilement une science de bonté et de charité. Toutes les autres études : histoire, mathématique, physique, chimie, etc., peuvent être en un sens des sciences égoïstes, c'est-à-dire recréant notre intelligence sans la préoccuper d'autrui… Si la ménagère s'applique à l'épargne de tous les instants, à des nettoyages ennuyeux, à des coutures fastidieuses, c'est qu'elle est soutenue par ces deux pensées : " Je veux rendre heureux ceux qui m'entourent," et "En travaillant ainsi, je remplis le premier devoir pour lequel Dieu m'a mise sur la terre…". Il était dès lors très difficile pour une adolescente de prétendre entreprendre des études. Aujourd'hui, toutes les voies de formations sont possibles sans distinction de sexe.
Il y a cinq décennies, les élèves qui présentaient des différences cognitives, physiques ou comportementales par rapport à ce que l'autorité considérait comme étant la norme ne bénéficiaient d'aucune attention particulière. Certains étaient exclus du parcours scolaire et placés en institution. Les autres arrivaient difficilement à la fin de la scolarité obligatoire, souvent qualifiés de médiocres, de perturbateurs ou d'asociaux. L'accès aux études lycéennes leur était pratiquement impossible.
Depuis, la scolarité obligatoire a vécu d'importantes mutations, dont le passage du principe d'exclusion à celui d'inclusion. Elle a aujourd'hui les moyens d'accompagner les élèves différents afin qu'ils puissent s'épanouir et mettre en évidence leurs réelles aptitudes. L'accès aux études supérieures leur est ainsi possible.
Bien d'autres changements ont affecté le parcours des lycéens depuis mai 68 et l'avenir promet d'être riche encore de défis à relever. Je peux citer : la mise en place du suivi et de l'évaluation des compétences de base en langue première et en mathématiques, constitutives de l'aptitude générale aux études supérieures, l'introduction de l'informatique ou l'amélioration de la prise en compte du principe de compensation des désavantages.
Chers élèves, vous avez durant votre passage au lycée contribué au rayonnement de votre école. Je vous remercie sincèrement ainsi que toutes les personnes qui vous ont entourés lors de vos participations au jury du "roman des Romands", aux olympiades de physique, aux concours de robotique, au concours d'exécution musicale et j'en oublie certaine- ment. J'adresse un merci particulier à l'Atelier Théâtre pour sa magnifique interprétation de la pièce Petites Victoires ainsi qu'au chœur du Lycée qui nous a offert un splendide concert.